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Les saules / Mathilde Beaussault
Livre
Edité par Seuil. Paris - 2025
Aussi âpre que bouleversante, une histoire de liberté et de meurtre, de silence et d'amitié, au coeur d'un hameau breton. Plongée au bord de la rivière, cachée par les saules pleureurs, Marie, dix-sept ans, semble paisible, endormie, ce que démentent les marques sombres sur son cou. Sa mort brutale ébranle toute la communauté, et surtout Marguerite, une petite fille solitaire que tous croient simple d'esprit. Ses parents, peu enclins à manifester leur affection, travaillent leur terre du matin au soir. Livrée à elle-même, maltraitée à l'école, elle aime se réfugier au bord de la rivière, où elle se sent en sécurité sous les saules. Cette nuit-là, elle a vu quelque chose. Elle voudrait bien aider Marie, la seule qui était gentille avec elle. Mais voilà, Marguerite ne parle pas, ou presque jamais. Mutique derrière sa chevelure sale et emmêlée, elle observe l'agitation des adultes qui, gendarmes ou habitants, mènent l'enquête. Mais comment discerner la vérité parmi les rumeurs, les rivalités familiales et les rancoeurs tissées de longue date ? Une nouvelle voix à découvrir absolument !
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Avis des professionnels
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"Il est des amours qu'on ne dit pas"
Fortement recommandé par une collègue, j’ai commencé ce polar, intriguée et quelque peu sceptique. Le résumé me laissait deviner un polar rural à la Nicolas Mathieu ("Aux animaux la guerre") auquel j’avais difficilement accroché. Mais je me suis quand même laissée tenter. Et grand bien m’a pris ! Il s’agit effectivement d’un polar rural : toute l’intrigue va se dérouler dans un village breton, sens-dessus-dessous après la découverte du corps de la jeune Marie, retrouvée étranglée dans un étang. André, policier, va mener les interrogatoires et à travers ces derniers, c’est la vie du village qu’on va découvrir. Les animosités des uns et des autres, les rancoeurs qui remontent à tellement longtemps qu’on ne sait même plus vraiment pourquoi on est en guerre contre un voisin, les rumeurs et réputations qui ne laissent aucune chance à certains, les corbeaux et autres représailles qu’on règle entre-soi. Un entre-soi néfaste, purulent, mais précieux, auquel on ne mêle pas la police. Mais, à la différence d’autres polars ruraux, il n’y a pas de jugement de la part de Mathilde Beaussault, même plutôt une tendresse à l’égard de ses personnages. Ils sont parfois butés, entêtés, cruels même, mais ils font surtout comme ils peuvent. C’est peut-être le personnage de la petite Marguerite, mutique et considérée comme simplette, qui observe les adultes et la vie de ce village en silence, qui offre ce regard sans jugement. Elle regarde, elle subit, mais elle ne juge pas. Elle aussi, fait avec. Écrit dans une langue parfois crue, parfois poétique, toujours juste, Mathilde Beaussault nous offre un aperçu de la vie difficile de certains paysans perdus et oubliés dans des villages livrés à eux-même où la loi du Talion règne tacitement.
Chloé M. - La Médiathèque de Levallois - Le 31 mars 2026 à 11:06