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La guérisseuse de Catane / Simona Lo Iacono
Livre
Edité par Editions Métailié. Paris - 2026
Sicile, XIVe siècle. Dès l'enfance, Virdimura apprend de son père l'art de guérir : les connaissances anatomiques, les propriétés des herbes et surtout la compréhension que le corps ne guérit pas si l'âme souffre. Adulte, elle choisit de soigner les laissés-pour-compte, les marginaux, les enfants, les jeunes femmes qui ont subi des violences. Elle utilise son savoir médical mais aussi la parole, la danse, le sens de la beauté. Cependant, sans la présence d'un homme, Virdimura n'a pas le droit de soigner et est arrêtée puis jugée. Ce roman, inspiré de faits réels et des minutes de son procès, est le plaidoyer qu'elle présente pour exercer - contre la volonté de tous - son métier. Dans ce livre qui fait de la Sicile - avec ses odeurs, ses saveurs, son parler, mais aussi avec la famine, les superstitions et l'intolérance - un personnage à part entière, Simona Lo Iacono nous raconte une aventure passionnante, émouvante et pleine de courage, sur la première femme médecin jusqu'ici oubliée par l'Histoire.
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"La médecine ne requiert pas du talent. Seulement du courage"
En 1376, Virdimura, âgée d’environ 70 ans, comparaît devant les "augustes docteurs" pour défendre son droit à pratiquer la médecine. Elle est une femme, elle ne peut donc pas prétendre être elle aussi une "doctoresse", au même titre que ces hommes devant qui elle s’exprime. Pourtant, elle a passé sa vie à soigner - les femmes, les pauvres, les laissés-pour-compte. C’est ce qu’elle va s’efforcer d’expliquer, dans un long monologue, retraçant sa vie et celle de son père, pour expliquer qui elle est, ce qu’elle est et défendre son droit à la médecine. Un roman très étonnant, où l’on découvre la force de vie d’une enfant puis d’une femme, décidée coûte que coûte à soigner, aider, guérir. Quels que soient les sexes, les handicaps, les religions. Malgré la violence, malgré la haine, malgré le rejet dont elle fait preuve, elle ne cessera d’aimer les autres. On accompagne Virdimura dans cette Sicile Moyenâgeuse où les femmes n’ont pas leur place. La communauté qui se crée autour d’elle fait par moment penser aux béguinages français (comme on les découvre dans "La nuit des béguines" d’Alice Kiner). Mais à la différence des béguines, il y a une revendication de la part de Virdimura, ou du moins une volonté de jouer un rôle auprès des autres et non de se retirer de la vie en société. L’histoire vraie de la première femme médecin, racontée de manière douce, sincère et vibrante.
Chloé M. - La Médiathèque de Levallois - Le 05 mai 2026 à 10:13