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La Belle noiseuse
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Inspiré du "Chef d’œuvre inconnu" de Balzac, Rivette explore les chemins de la création artistique.
Un peintre vieillissant est rongé par un secret qui l'obsède : l'abandon, il y a dix ans, d'un grand tableau qui devait être son chef-d'oeuvre et dont sa femme était le modèle. L'arrivée d'un jeune couple dans sa propriété du Midi va lui permettre de reprendre cette oeuvre et c'est la jeune femme, qui cette fois, lui sert de modèle. Pendant les cinq journées de pose, la tension va monter entre les différents protagonistes.
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l'Emprise de la création
Dans la chaleur d'un été au coeur d'un village d'occitanie, Marianne et Nicolas jouent à se séduire alors qu'ils sont déjà en couple. Ils s'apprêtent à retrouver un ami qui doit leur présenter un peintre célèbre, Edouard Frenhofer. Ce dernier n'a pas peint depuis 10 ans, bloqué sur un projet inachevé. Cette peinture abandonnée s'intitule "La belle Noiseuse", dont l'épouse du peintre, Liz, était le modèle. L'ami du couple encourage vigoureusement Frenhofer à reprendre la peinture et lui suggère de prendre Marianne pour modèle. De façon presque impalpable, Frenhofer va choisir son nouveau modèle et Nicolas, s'engage pour elle pour ce travail sans la consulter. La réaction est instantanée et violente, d'abord ulcérée, Marianne s'absente au petit matin pour se rendre chez le peintre qui ne s'attendait pas à la voir. Commence alors, une confrontation captivante, faite d'autorité au nom de l'art, de traits et de bruits de plume sur le papier, de fusain sur une toile. Ce film est inspiré de la nouvelle de Balzac, "Le chef d'Oeuvre inconnu", où il est question de doutes et de reflexions sur la création. Le travail du peintre est filmé longuement, de près. D'abord sur les esquisses préparatoires, à la plume et à l'encre. Le peintre tord le corps de son modèle pour en saisir l'étincelle qui le lancera sur la peinture. Les torsions sur le corps de Marianne se répètent, lui font mal, tout comme le temps des poses, pendant lesquelles le spectateur observe la main du peintre, subjugué. Pendant ce temps, la jeune femme tient la pose, figée et endolorie. La relation entre le peinte et son modèle évolue, d'abord sous la contrainte, la figure féminine de la future toile prend de plus en plus de place et de consistance, elle se défend et le peintre est alors plus à l'écoute, plus réceptif à ses nouvelles exigences. De l'extérieur, Liz est inquiète de la complicité qui s'installe entre le peintre et celle qui prend sa place sur la toile Nicolas lui, regrette amèrement d'avoir poussé sa compagne dans l'atelier de Frenhofer. Cette expérience bouleverse la jeune femme et fait naître chez elle, une vision nouvelle de leur couple. Des plans fascinants, des cadres symboliques jalonnent ce film qui nous introduit au coeur de la création. Les scènes de peinture sont quasi documentaires et d'une beauté absolue. Au final, on sort de ces séances toujours en prise au mystère inaltérable de" La belle noiseuse", mais en ayant pu observer son pouvoir et la main du peintre Fascinant
Dominique J. La Médiathèque - Le 20 février 2026 à 15:02