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L'Homme de pluie : Récit jardinier / Jonas Karlsson
Livre
Edité par Actes Sud Editions. Arles - 2026
Metteur en scène à la retraite, Ingmar vit seul dans le souvenir d'Inger, son épouse disparue, et de ses précieux rosiers. Mais cet été-là, le ciel reste imperturbable. La sécheresse s'installe, les restrictions tombent, et les fleurs d'Inger menacent de s'éteindre. C'est alors qu'Ingmar découvre, au fond d'un fourré d'orties, un vieux tuyau abandonné. Lorsqu'il ouvre le robinet, comme par enchantement, il se met à pleuvoir... Un miracle domestique qui va pourtant très vite lui échapper. Jonas Karlsson signe un roman à la frontière du réalisme et de l'étrange, où l'absurde s'invite sans fracas dans le quotidien. Un récit tendre, teinté d'un humour espiègle, sur le deuil, le désir de réparation, et l'illusion de contrôle - où chaque goutte de pluie semble poser la même question : que reste-t-il quand le miracle cesse d'opérer ?
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Un veuf au superpouvoir
Lors d'un été où la sécheresse menace jardins particuliers et exploitations agricoles, Ingmar découvre dans une allée de verdure, parmi les mauvaises herbes, un robinet en mesure, une fois ouvert, de faire pleuvoir. S'il voit d'abord dans ce phénomène un moyen de sauver les rosiers que chérissait son épouse décédée, Ingmar se persuade bientôt d'être entré « en relation avec plus grand que lui ». Et il ne tarde pas à le faire savoir… à son voisin Rolf Burman dans un premier temps, veuf comme lui mais meilleur jardinier, auquel il est ravi de rabattre le caquet grâce à ses prévisions météo ; à l'une de ses voisines également, Lillan Billing, qui lui demande de s'« abstenir de danser » le samedi où elle marie sa fille ; aux autorités locales enfin, avec qui un marché est passé, sans se douter que cette illusion de contrôle ne saurait remédier à l'absence mais pourrait au contraire lui attirer quelques problèmes… Sorte de variation de l'arroseur arrosé, « L'homme de pluie » captive grâce aux différents niveaux de lecture qu'il propose, du comique de situation à la remise en cause de notre rapport (trop cartésien ?) à la réalité d'un monde dont nous ne percevons, à titre individuel, qu'une seule facette sur un prisme qui en compte de multiples. Flirtant avec l'étrange, ce récit mâtiné d'une ironie sans cruauté porte un regard doux et original sur le vieillissement et la perte des êtres chers.
Céline L. - La Médiathèque - Le 16 septembre 2026 à 11:08