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Le maître des illusions / Donna Tartt
Livre
Edité par Pocket. Paris - 2020
Fuyant sa Californie natale, bourse en poche, Richard doit son entrée à l'université de Hampden, dans le Vermont, à son opportunisme bien plus qu'à son talent. Prêt à tout pour arriver haut, et vite, le voilà introduit dans la classe du professeur Julian, vouée à l'étude des Anciens, grecs et latins. Bastion de savoir et de snobisme, la petite communauté vit en vase clos, avec deux mots d'ordre : discipline et secret. Très vite, Richard devine sous le vernis des apparences une tache indélébile, du rouge le plus sombre. Tout ici n'est que vice, secret, trahison, manipulation...
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Avis des professionnels
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"Vous êtes comme des enfants qui ont peur du noir"
Le roman s’ouvre sur un meurtre. On devine un groupe d’amis, en train d’essayer de quitter la scène de crime : l’un d’entre eux est mort, et les autres semblent loin d’être innocents. Le narrateur, Richard, va ensuite entreprendre de raconter ce qui les a menés là. À commencer par son arrivée sur le campus de la faculté de Hampden et sa fascination grandissante pour les cinq élèves qui constituent l'entièreté de la classe de lettre classique. Dès lors, Richard n’aspire plus qu’à rejoindre ce cercle très restreint, mené par un brillant professeur qu’ils vénèrent. Sans savoir qu’il scelle-là son avenir d’une manière toute particulière. Ce roman fait penser au Cercle des poètes disparus - une version beaucoup plus sombre, presque moqueuse. Les personnages sont tous gris, ont une morale douteuse, et n’ont d’yeux que pour leur professeur et le grec ancien. Prétentieux, manipulateurs, hautains, snobs… Richard les admire pourtant, incapable de voir ces défauts qui nous sautent aux yeux. Étonnamment, c’est quand l’histoire va glisser, quand ils vont se heurter à une réalité brutale à laquelle ils ne sont pas préparés et chuter de cette position de demi-dieux, c’est à ce moment-là qu'ils vont devenir attachants. Alors même que leurs travers prennent le pas sur cette apparence lisse qu’ils essayaient de maintenir tout ce temps, sans que l’admiration de Richard, qui finit presque par nous mettre mal à l’aise, ne faillisse. Un roman parfois un peu fastidieux (les considérations hellénistiques par moment sont longues) mais qui ne nous tombe pas des mains pour autant ; aussi détestables qu’ils peuvent être, on veut savoir ce qu’il advient de ces six personnages si particuliers.
Chloé M. - La Médiathèque de Levallois - Le 20 janvier 2026 à 10:44