Corps et ame = Teströl és Lélekröl / Ildiko Enyedi, réal.

Vidéo

Enyedi, Ildiko (1955-....). Monteur. Scénariste

Edité par Le Pacte. Paris - 2018

M‡ria, nouvelle responsable du contrôle de qualité, et Endre, directeur financier de la même entreprise, vivent chaque nuit un rêve partagé, sous la forme d'un cerf et d'une biche qui lient connaissance dans un paysage enneigé. Lorsqu'ils découvrent ce fait extraordinaire, ils tentent de trouver, dans la vie réelle, le même amour que celui qui les unit la nuit sous une autre apparence...

Vérification des exemplaires disponibles ...

Se procurer le document

Vérification des exemplaires disponibles ...
Chargement des enrichissements...

Avis des lecteurs

  • Une rencontre singulière 5/5

    Cette cinéaste hongroise est l’auteur de "Mon XXIème siècle" , qui l’a révélée à Cannes en 1989 et qui lui vaut la caméra d’or. En 2017 elle reçoit l’ours d’or au Festival de Berlin avec ce splendide long métrage "Corps et âme". Le film s’ouvre sur les ateliers d’équarrissage d’un abattoir de bovins. Ces premières scènes montrent les ouvriers, puis on quitte les laboratoires pour remonter vers les bureaux où se trouve le directeur de cette entreprise, Endre. Assis à son bureau, il observe en bas dans la cour baignée de soleil, une femme retirée à l’ombre et qui cherche absolument à se cacher du soleil en glissant un pied vers l’arrière parce qu’un rayon l’avait atteint. Délicate et très jolie scène où cet homme voit pour la première fois Maria. On découvre ces deux personnages, dans leur univers professionnel. Il essaie de l’approcher, elle est farouche. Le soir on les voit respectivement se coucher et s’endormir, dans leur intimité la plus stricte et là, la magie se produit, tous deux se rêvent, cerf et biche, et ensemble ils parcourent les superbes étendues enneigées, cherchant l’herbe sous la neige, le cerf toujours près de sa biche. Maria et Endre se retrouvent toutes les nuits dans leurs rêves mais ils ne le savent pas encore. L’histoire de ces deux solitaires écorchés, (Endre est handicapé , Maria différente, psycho-rigide et distante), a l’allure d’un miracle où deux individus sont connectés avant même de se connaître et de s’approcher. Les oppositions fonctionnent à merveille. La crudité des abattoirs, le rouge sang, le rejet, durant la journée et le blanc, les forêts, la douceur des pelages qui se frôlent, la nuit. Ces deux cadres nous montrent combien Endre et Maria doivent se rencontrer et se connaître, malgré les obstacles. Alors on les suit, à travers la poésie des gestes, des lumières, des couleurs, des regards et des mots, s’approcher l’un de l’autre, non sans difficultés. C’est avec tant de douceur malgré la souffrance apparente, qu’ Idiko Enyedi raconte cette histoire, le parcours de tous ces gens différents, écartés parce que décalés dans leur approche avec les autres, ou découragés. Elle expose ainsi leur terrible calvaire dans la rencontre avec l’autre. Ce film est lumineux et cru à la fois, magnétique.

    par Dominique J. La Médiathèque de Levallois Le 17 janvier 2019 à 14:39